L’École nationale d’administration, de journalisme et de magistrature a organisé le samedi matin 12 avril 2025 une conférence intitulée « La responsabilité juridique des contrôleurs et des auditeurs », dans le cadre du cinquième épisode du cycle « Rencontre d’expérience », lancé début mars par le Directeur général de l’École, le Dr Mohamed Yahya Ould Saïd.

La conférence a été donnée par l’ancien ministre et expert Isselmou Ould Mohamed, en présence du Directeur général, d’élèves fonctionnaires et de membres des équipes administrative et pédagogique. Il a d’abord retracé les étapes de sa carrière et les expériences accumulées dans diverses fonctions de contrôle et de conseil.

Il a ensuite souligné l’importance du « principe de la récompense et de la sanction » dans le système administratif, en particulier dans le contrôle et l’audit, et présenté les difficultés auxquelles font face contrôleurs et auditeurs : faiblesse de la société civile, qualification insuffisante de certains « experts-comptables », ainsi que les contraintes politiques et sociales qui pèsent sur le travail de contrôle.

Il a distingué le contrôle a priori, à vocation préventive, du contrôle a posteriori, consacré à l’évaluation, en soulignant le rôle du contrôle préventif comme garde-fou des institutions, et il a appelé à consacrer le principe de séparation des pouvoirs et à choisir les agents sur la base de la compétence et de l’intégrité, piliers d’un fonctionnement institutionnel sain.

Il a également expliqué le rôle des différents organes de contrôle — inspections internes, Inspection générale des finances et Cour des comptes, à laquelle il a consacré une large part de son propos en raison de sa place dans la transparence et la reddition des comptes.

Le conférencier a insisté sur le respect de la loi, première référence de l’inspecteur et de l’auditeur, en mettant en garde contre les risques que fait peser sur la stabilité de l’État la mise à l’écart du droit, et en rappelant que la lutte contre les mauvaises pratiques commence par le respect de la légalité au plus haut niveau.

En conclusion, M. Isselmou Ould Mohamed a adressé plusieurs recommandations aux élèves fonctionnaires : poursuivre leur formation, élargir leurs connaissances, maîtriser les langues et rester fidèles au livre papier, source stable et fiable d’apprentissage tout au long de la vie.

La rencontre a suscité de nombreuses questions, notamment :

  • Le budget-programme impose-t-il une politique d’évaluation globale et permanente ?
  • Quels sont les moyens de lutte contre la corruption administrative et financière ?
  • Quels critères président au choix des inspecteurs ?
  • La responsabilité du comptable s’éteint-elle avec le temps (prescription) ?

Ces échanges ont renforcé le caractère pratique de la conférence et le lien entre théorie et pratique, enrichissant l’expérience de formation des élèves et leur conscience de leurs futurs rôles professionnels.