L’École nationale d’administration, de journalisme et de magistrature a organisé le samedi 3 mai 2025 une conférence dans le cadre du septième épisode du cycle « Rencontre d’expérience », lancé début mars par le Directeur général de l’École, le Dr Mohamed Yahya Ould Saïd.

Ce cycle s’inscrit dans les efforts de l’École pour renforcer la culture administrative et juridique et la compréhension institutionnelle des élèves fonctionnaires, en tirant parti de l’expérience de personnalités nationales de premier plan dans les domaines de l’administration, du droit et de la politique.

La conférence a été donnée par le vice-président de la Commission électorale nationale indépendante, le constitutionnaliste Dr Mohamed Lemine Ould Dahi, qui a présenté en détail les constitutions mauritaniennes. Il a d’emblée rappelé que la Constitution est un contrat social qui engage toutes les parties, y compris les fonctionnaires, à qui elle impose le devoir de servir l’État au sein de l’un des corps de la fonction publique, qu’il soit administratif, financier ou diplomatique.

Il a ajouté que la première Constitution mauritanienne, promulguée le 23 mai 1959, n’a pas été appliquée, car elle s’inspirait du régime parlementaire de la IIIe République française, marquée par l’instabilité politique. Est venue ensuite la Constitution du 20 mai 1961, considérée comme la Constitution fondatrice de l’État mauritanien, qui consacrait le pluralisme politique avant d’être modifiée au milieu des années 1960 pour répondre au besoin d’un régime de parti unique, alors en vigueur dans la plupart des pays du monde, à l’exception de quelques démocraties occidentales. Enfin, la Constitution du 20 juillet 1991 reprend l’essentiel des dispositions de celle de 1961, sans en modifier les principes généraux.

Le conférencier a éclairé les contextes historiques et politiques de la naissance et de l’évolution des constitutions mauritaniennes, en les reliant à la notion de service public et à la place du fonctionnaire dans l’ordre constitutionnel.

Il a également évoqué la carrière du fonctionnaire, qui commence par le recrutement et passe par plusieurs étapes jusqu’à la retraite, en soulignant la grande importance du programme de formation continue de l’École pour l’évolution professionnelle et le renforcement des compétences des cadres publics dans tous les domaines.

Dans la seconde partie de la conférence, les élèves fonctionnaires ont posé leurs questions, sur des thèmes variés : la valeur des chartes constitutionnelles par rapport aux constitutions, le principe de la hiérarchie des normes, les conventions de lutte contre la corruption, les lois relatives aux collectivités territoriales, les décrets fixant les attributions des fonctionnaires, les constitutions souples et rigides, et d’autres sujets connexes.

La conférence a suscité un vif intérêt grâce à la profondeur de l’exposé et à la clarté du lien établi entre théorie et pratique, ce qui a enrichi le débat et renforcé la compréhension de l’ordre constitutionnel dans le contexte du service public.

Le conférencier a apporté des réponses complètes aux questions et interventions, renforçant le caractère interactif et la richesse de la rencontre.

La conférence s’est tenue en présence du Directeur général de l’École, le Dr Mohamed Yahya Saïd, et de membres des équipes administrative et pédagogique.